Retour

Le Professeur Hippolyte Bernheim
"Père de la médecine psychosomatique"

D'origine alsacienne, comme la consonance de son nom le laisse deviner, il est né à Mulhouse en 1837.

Lorsqu'à la fin de ses études secondaires l'heure du choix sonne pour lui, il s'oriente vers la médecine et commence son cursus à la faculté de Strasbourg.

Nommé aux concours de l'internat, il est l'élève de Maîtres prestigieux: Sedillot, Koeberle, entre autres; de même, il approche Villemin, alors répétiteur à l'école du Service de Santé Militaire.

Puis, il va passer deux années à Paris, auprès de Trousseau et Cornil.

Il se présente à l'agrégation de médecine, est reçu et va profiter, durant six mois de l'enseignement de Virchow à Berlin.

(Collection D.Morque/Conservatoire Régionale de l'Image)

C'est pendant son temps d'agrégé stagiaire à Strasbourg qu'éclate la guerre de 1870.

Du fait du rattachement de l'Alsace à l'Allemagne victorieuse, le Gouvernement Français prend la décision de replier la faculté de médecine de Strasbourg à Nancy où n'existe à l'époque qu'une école secondaire.

A partir de ce moment là, toute la carrière universitaire d'Hippolyte Bernheim va se dérouler à Nancy.

Agrégé, il fonctionne comme médecin adjoint de son Maître Hirtz jusqu'en 1878, année où il lui succède à la tête de la chaire de la Clinique médicale A.

Il restera en poste jusqu'à sa retraite en 1910.

Ayant derrière lui une expérience intéressante du champ d'exercice de la médecine, il lui tarde d'entreprendre des recherches personnelles et originales.

C'est ainsi qu'en 1883, il s'oriente vers des réflexions de nature scientifique à propos de l'hypnose et de l'hystérie, très à la mode à l'époque.

Ce qui probablement le détermine à exploiter cette voie tient au fait que l'année précédente, donc en 1882 il "découvre" Liébeault qui a eu l'immense et incontestable mérite de s'intéresser le premier, de façon nouvelle et sensée, au problème très controversé, et très exploité surtout, du magnétisme et de l'hypnotisme, et il est arrivé à s'en servir dans un but thérapeutique, grande nouveauté dont il lui faut être redevable sans aucune restriction.

Que fait donc Hippolyte Bernheim?

Il comprend que Liébeault touche à une certaine vérité, mal assimilé par le corps médical dans son ensemble.

Il prend alors contact avec son confrère et concitoyen, et entreprend de sortir son travail de l'oubli et de l'indifférence.

Il démontre grâce à ses constatations cliniques, que Liébeault n'est ni un rêveur, ni un halluciné, et qu'au contraire il fait figure de pionner, ayant été parmi les premiers à voir un peu clair dans cette question très troublante du magnétisme et de l'hypnotisme où, depuis des siècles, les savants n'avaient vu que des ténèbres.

Sur ces bases nouvelles, Bernheim tente de dégager la thérapeutique suggestive du maquis charlatanesque de l'hypnotisme tel qu'il était exploité jusqu'alors, et commence à rassembler les preuves d'une base scientifique de la psychothérapie naissante.

Il était loin de se douter qu'à dater de ce moment, il édifiait les fondations de l'Ecole de Nancy, laquelle allait triompher dans une célèbre bataille l'opposant à l'Ecole neurologique parisienne de la Salpétrière.

Au terme d'une vie hospitalo-universitaire, riche en événements et en intérêt, assuré d'avoir fondé une Ecole prestigieuse qui marquera sa place dans l'Histoire de la médecine, Hippolyte Bernheim atteint la limite d'âge qui lui donne le droit de prendre une retraite bien méritée:ceci se passe en 1910.

Il se retire à Paris où il terminera paisiblement sa vie en 1919.

" Extrait du livre:" Les médecins célèbres par Jean Schmitt (Editions de L'Est)"