Intervenants Congrès Science et Conscience
Le Père François Brune
Prêtre catholique, auteur de nombreux livres dont le célèbre livre “Les Morts nous parlent” ;
son regard de la Foi face à la conscience est très attendu.
Foi et Conscience
La foi et la science :
Antagonistes ? Pendant longtemps, toute théorie scientifique semblait totalement incompatible avec ce qu'il y a de surnaturel dans chacune des grandes religions. Actuellement pourtant, le mouvement s'inverse, surtout depuis les découvertes sur l'espace-temps et les avancées de la physique quantique. Nous sommes dans une période croissante de convergence ; je dis bien « convergence » et non « identité ».
Examinons la Neuro-Théologie :
Des expériences américaines effectuées sur le cerveau de personnes en
état profond de méditation, appelé « état modifié de conscience », ont
révélé que certaines zones dans le lobe temporal devenaient inactives
- Notamment celles du repérage de l'espace-temps : cela correspond sur le plan psychologique et spirituel à l'abolition de l'espace-temps.
- Celles qui correspondent à l'abolition du moi et du non-moi, ou le sentiment de ne faire qu'un avec l'univers.
En découlent 2 courants de pensée :
Les neuro-apôtres, comme le scientifique Newberg, pour qui cela prouve que l'existence humaine est bien plus qu'une existence matérielle et que l'état de conscience modifié va produire quelque chose dans le corps = c'est l'entrée dans la méditation qui provoque la modification dans le cerveau ; l'expérience spirituelle est la cause et non l'effet.
Pascal Boyer, professeur à l'Université Washington dans le Missouri, pour qui les états de conscience modifiés sont produites par le cerveau. La modification du cerveau est première, le corps est la cause et l'expérience l'effet.
Mon avis : - Il est normal, tant que je suis dans ce corps de chair, qu'il y ait correspondance entre l'expérience spirituelle et le corps de chair. C'est la volonté ou esprit qui provoque le lever du bras, et non le bras qui se lève qui provoque la volonté de le lever.
Entrer en méditation, en oraison, chrétienne ou tibétaine, est
une démarche que l'on accomplit volontairement. Cela est traité dans le livre : « Pourquoi Dieu ne disparaîtra pas. Quand la science explique la religion ». (Éditions Sully 2003).
La foi devant la conscience :
Notre foi est toujours reliée à un phénomène de conscience, elle est elle-même un phénomène de conscience. Une foi chimiquement pure, si je puis dire, n'existe pas ; il y a toujours des raisons de croire.
Pourquoi je crois ?
Par peur de la mort ? : c'est alors le produit de la réaction contre cette peur. La foi devient un phénomène psychologique et conduit à un « fidéisme » : besoin de croire n'importe quoi, sans esprit critique, sans rien remettre en question.
Par besoin de donner un sens à ma vie ?
Si Dieu existe, j'ai l'espoir que Dieu a la clé de tout. Cette réflexion nous rattache trop à l'enfance. Manquant de recul, nous n'engageons aucune recherche personnelle. Il en va ainsi des fondamentalistes, qui refusent de remettre quoi que ce soit en cause.
- Par besoin de croire à quelque chose, de se rattacher à un « père » : il peut s'agir de Dieu, d'un gourou, d'un père spirituel. Si on reste bloqué dans cette dynamique, on vit une foi infantile, une docilité ritualiste. On tombe dans l'observance trop rigoureuse des règles.
- Par besoin d'ordre social, révélant une moralité rigide, à la limite du juridisme.
- Par identité culturelle, par tradition transmise : elle a un rôle énorme dans les conflits actuels.
Sachons passer au-delà de toutes ces causes et sachons se poser cette question :
Qu'atteignons-nous dans l'acte de foi ?
Se mettre devant cette question en se disant : « Qu'est-ce que j'attends, Dieu ? Ou une projection de moi-même ?
Le Père Brune nous parle ensuite d'une notion essentielle, la notion de « personne », en disant qu'aucune langue n'avait été capable d'exprimer ce mot, mais que pour Dieu, nous étions Une Personne, parce que nous sommes d'abord regardés par Dieu. Il perçoit de nous ce que nous sommes, mais aussi l'idéal de nous.
Nous sommes invités à entrer dans cette dynamique quand nous aussi nous regardons l'autre, en nous disant que d'abord, nous nous adressons à La Personne.