Intervenants Congrès Science et Conscience
Le Docteur Franck Bailly
Médecin, Psychiatre, Psychothérapeute, Psycho dynamicien : ancien Expert auprès des Tribunaux, il s'est formé à certaines techniques d'hypnose (Chertok et Erykson) et d'états modifiés de c onscience.
Son intervention portera sur des concepts aujourd'hui encore mal identifiés, voire à revisiter :
Personnes et Personnalité - Identité et Entité
Conscience et Existence - Croyance et Science –
Délire et/ou Réalité
Le Docteur Bailly dans l'impossibilité de venir nous a transmis une interview dans laquelle il aborde le sujet choisi :
L'avis d'un scientifique entre science « académique » et « réflexion libre »
Par le Dr Franck Bailly Psychiatre
Interviewé par la journaliste Béatrice Buttner à propos du cas Jean-Claude Pantel
Dr Franck Bailly :
Un psychanalyste qui s'est intéressé à son cas a conclu qu'il ne souffrait d'aucune pathologie, je ne retiens absolument pas le diagnostic d'hystérie,
En revanche je ne rejette pas l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un cas de personnalités sinon multiples, du moins duels ! entre un homme normal et une identité ou une autre entité qui de temps en temps viendrait essayer de faire la démonstration que l'on peut faire des choses qui ne s'expliquent pas.
Mais alors on botte en touche, car quelle est la nature de cette entité ?
Béatrice Buttner :
Je dois vous avouer, que là, je m'y perds un peu, identité, entité, quelles définitions exactes des termes faut-il apporter ?
Dr Franck Bailly :
Tous les termes utilisés comme Conscience, Inconscience, Soi, Identité, Entité sont tous des concepts qui réfèrent à une vision naturaliste de l'être, c'est à dire par rapport à une physique qui dit « je vois un corps, ce corps est habité par un esprit, je voudrais que l'on m'explique de façon précise ce que l'on entend par Esprit, doté d'une Ame !.
Je voudrais que l'on m'explique car même si ce sont des concepts que je pressens, ils ne sont pas définis ! ou en tout cas, en s'intéressant à leur définition, on s'embarque dans des descriptions de dictionnaire qui contiennent des dizaines et des dizaines de pages.
Si l'on se réfère à la physique traditionnelle, on peut dire que Jean Claude Pantel est une personne physique qui est stable et qui peut parfaitement « a priori- faire la part entre ce qui est bien et ce qui est mal. Si on se réfère à la physique quantique, les choses prennent une toute autre dimension.
Béatrice Buttner : Voir même détonante ?
Dr Franck Bailly :
À ce point détonnant, que cela gêne beaucoup de personnes qui n'arrivent pas à comprendre ces théories -qui sont parfaitement validées- et comment elles peuvent nous donner une autre vision de l'organisation du monde !!!
Aujourd'hui, les physiciens pensent qu'il y aurait onze dimensions !
Plus nous nous éloignons de la tradition, plus nous simplifions et nous réduisons ainsi les possibles jusqu'à essayer de donner du monde une vision accessible à tous et les premiers responsables, c'est nous, les scientifiques ! Il y a de nombreuses raisons à cela : la motivation, l'écoute, l'audit des publications scientifiques dans les communautés.
Déclarer des choses aussi révoltantes dans le contexte religieux de l'époque que « la terre tourne autour du soleil » par Galilée, est du même ordre.
Si maintenant un scientifique nous révèle que nous vivons avec des mondes parallèles en permanence à côté de nous, il passera pour un fou furieux, il n'aura plus ses crédits pour continuer ses recherches.
Jean Claude Pantel vient typiquement interpeller la communauté scientifique en disant : « Voilà ce qu'il se passe, donnez nous des explications, s'il vous plaît, cherchez, faites travailler vos méninges et cessez de nous dire que ce n'est que de l'illusion, ou du paranormal »
Au sujet du délire, je voudrais souligner quelque chose de très important, il m'est arrivé au cours de ma carrière, il est vrai que cela fait trente que j'exerce le métier de médecin, et vingt-cinq ans le métier de psychiatre, il m'est ainsi arrivé d'entendre deux formes de discours distincts chez les patients étiquetés psychotiques.
Je dis bien « étiquetés », des patients qui racontent des expériences sans détail, peu précis, avec des manifestations psychosensorielles hallucinatoires. Sans sens, insensés, mais cohérents avec leur culture et leur histoire, un peu comme une activité onirique, dans laquelle il n'y a pas grand chose à décoder, en tout cas, ces patients ne sont pas en rupture avec ce qu'ils sont censés connaître de la vie.
Et parfois, j'entends ainsi des patients qui racontent des histoires extrêmement précises, qui sont totalement en rupture avec leurs connaissances avec un luxe de détails, une cohérence pertinente, mais qui ont appris, parce qu'on les a soignés comme fous, à ne plus parler à tout le monde de ce qu'ils ont vu et à se confier seulement à ceux qui veulent bien prêter une oreille attentive.
Une patiente s'est arrêtée sur l'autoroute de Genève à Annemasse, expliquant qu'elle voyait des engins volants, des êtres qu'elle n'avait jamais rencontrés ! Effrayée, - elle fait demi-tour sur l'autoroute, fait quelques kilomètres en sens inverse, jusqu'à ce qu'elle soit interpellée et finalement hospitalisée dans un service de psychiatrie où elle a été neuroleptisée.
Il est évident qu'après une telle expérience, elle n'a plus du tout envie de parler de ce qu'elle a vu. Il a fallu des années pour que je puisse obtenir d'elle un récit précis.
Cette patiente n'avait jamais lu de sa vie un livre de science fiction, son monde était celui du cheval, elle était palefrenière et la seule chose qui l'intéressait, c'était le bien-être de son cheval.
Je propose aux psychiatres de s'interroger sur la nature des récits des patients qui sont présentés comme soi-disant délirants.
Les patients disent très bien, « je vous assure docteur, je n'ai pas rêvé »
Je tiens à préciser que je ne suis pas le seul à exclure la folie concernant Jean Claude Pantel, d'autres confrères affirment la même chose, en particulier un psychiatre et psychanalyste qui a exclu de manière formelle, le fait que Jean Claude Pantel était fou.
Et bien, dans le cas de Jean Claude Pantel, cela peut être une entité qui ne vient pas d'ailleurs, mais tout simplement une entité qui est à côté de nous, qui n'est d'ailleurs pas forcément en nous mais qui vient d'une autre dimension se manifester ; pourquoi pas ? d'une manière ou d'une autre.
Il vient simplement utiliser un véhicule, ce qui est étonnant dans le cas de Jean Claude Pantel, c'est qu'apparemment c'est le même véhicule qui sert depuis trente-cinq ans.
Tout cela pose quand même la question : pourquoi, aujourd'hui, opposer un refus obstiné, systématique - à quelques niveaux que ce soient – à l'étude la plus scientifique possible de toutes ces informations ?
Épilogue :
Un jour peut-être comprendrons-nous, qu'il existe des êtres extra sensibles, pas forcément venus d'ailleurs, comme Jean Claude Pantel, qui apparaît comme l'un des hommes que nous serons peut-être dans mille ans ; un homme de notre lointain passé, ou de notre lointain futur.
Tout en conservant le secret médical, je me suis servi de ce cas exceptionnel que j'ai étudié, car il couvrait tous les domaines ‚ Personnes et Personnalités - Identités et Entités ˆ Conscience- Existence ˆ Croyance- Science ˆ Délire et Réalité- ceci m'ayant semblé plus compréhensible qu'un langage académique et purement scientifique.
Franck BAILLY.